"Le Maine Coon : aussi appelé Chat du Maine ou Coon, c’est un chat grand, d’allure robuste, à poil long, dont les origines restent sujettes à conjectures. Une histoire raconte que les Maine Coons sont tous des descendants des chats ramenés par un Capitaine Coon aux premiers jours de l’histoire américaine."

Dell Encyclopedia of cats par Barbara Hazen

 


Le maine coon, le seul chat américain, doit être né dans l’ Etat du Maine ou avoir des ancêtres reconnus de l’Etat du Maine. Les ancêtres des maine coon sont des chats robustes à poil court ramenés par les premiers colons, dont faisait partie le capitaine Tom Coon qui cultivait depuis qu'il était mousse la passion des chats à poil long. Il s'occupait d'une femelle qui fut la maman des premiers maine coon, nés dans la grange de Tarbox dans le Maine.


Voici le témoignage-conte de Lida Choate :


Un jour, Papa m’a dit, " alors, tu aimes les Coons et les chatons. Moi aussi. Connais-tu l’histoire de l’arrivée du premier Coon et de ses chatons dans notre grange ? " [...]


Au pied de la ferme Tarbox il y a une rade connue sous le nom de " The Pool ". Elle est formée de la Rivière Saco et de l’Océan Atlantique, qui se retire pendant six heures laissant un vaste plan d’eau calme, mais quand la marée monte, The Pool est très profond. C’est ici que le Capitaine Richard Vines et trente-deux hommes, au cours des hivers 1616 et 1617, construisirent une cabane en rondins sur Leighton’s Point, près de la ferme des Haley actuelle ; ils y passèrent l’hiver et ce fut une expérience pour savoir s’ils pouvaient survivre à un rude hiver. Leur vaisseau, où leur cargaison était conservée, était ancré sur The Pool.

[...]

A bord du bateau, il y avait un jeune mousse anglais ; il s’était embarqué en Angleterre. Il s’appelait Tom Coon. Les marins l’appelaient Boy Coon. En dehors de son travail en cuisine, il devait s’occuper du chat du capitaine. Mais ce jour-là, Tom Coon devait trouver une solution à ce qu’il considérait comme un gros problème. Dans l’un des ports où ils avaient accosté, le travail de Tom Coon consistait à agrandir le cheptel de chats du bateau. Ces chats vivaient sur les quais. C’était des chats robustes, prêts à s’attaquer aux rats et à gagner la bataille. Pendant que Tom attrapait ces chats sur les quais, les marins écumaient les tavernes. A plusieurs reprises, Tom avait eu peur quand les marins ramaient de retour au bateau. Parfois, il attendait des heures avant qu’ils ne se décident à retourner à bord. Pendant ce temps, Tom observait attentivement tous les chats qui guettaient et tuaient les gros rats des quais, et ensuite, il essayait d’attraper les meilleurs. Tom Coon attendait et regardait. Alors qu’il était assis sur une vieille planche, il sentit qu’on lui poussait le coude. Tom baissa les yeux, et il vit une toute petite et jolie chatte à poil long, noir, roux et blanc, poser sa tête dans sa main, le regarder dans les yeux, et miauler.

[...] Alors, Tom attrapa quelques gros chats pour le bateau, les mit soigneusement dans des sacs, et enfouit silencieusement sa jolie chatte sous son manteau. Il était tard lorsque les marins revinrent, et ils étaient trop bruyants pour s’en apercevoir.


[...] Un matin au réveil, sa chatte n’était pas enroulée à sa place habituelle sur la couchette. Tom paniqua presque de peur d’avoir perdu son chat [...] . Il la retrouva : Il y avait son magnifique animal avec trois tout petits bébés chatons pressant leurs minuscules pattes sur son ventre, tétant leur mère. Tom était très content mais cela compliquait la situation. Il devait réfléchir. Il n’avait jamais eu une telle responsabilité auparavant. Le cerveau de Tom Coon travaillait à plein régime. Sa magnifique chatte avec ses chatons si petits qu’ils tenaient entièrement dans le creux de sa main… Tom mit cette petite boule de poils près de sa joue. Il vivait pour le moment sur un petit nuage. Il pouvait rêver qu’un jour il serait un capitaine de vaisseau, et tous les chats à bord du bateau seraient de magnifiques chats à poil long. Il reviendrait à terre et ramènerait les meilleurs chats des quais. Certains de ses rêves se sont réalisés plus tard. Mais il dut revenir à son problème du moment.

 

[...] Tom Coon [...] décida finalement de s’adresser directement au capitaine et de lui demander de l’aide.


Il fallait choisir le bon moment. Son plan devait être bien préparé. Alors, chaque nuit, il répétait son plan avec sa belle chatte et ses chatons. Un tout petit chaton au creux de la main et en passant amoureusement ses doigts sur le dos de la chatte, il lui racontait son plan. Elle ouvrait et fermait les yeux comme si elle l’approuvait totalement, et il sombrait dans le sommeil avec toutes sortes d’idées en tête.


  [...]. C’était dimanche, et sur le Glen Laurie, le dimanche était un jour spécial. Le Capitaine Snow célébrait l’office et les marins étaient conviés à y assister.


Tom Coon s’assit silencieusement dans le coin jusqu’à ce que le Capitaine Snow ait fini de lire la Bible et qu’il annonce " Ici finit l’office ", et qu’il répète la bénédiction. Tom Coon demanda l’aide de Dieu et marcha jusqu’au Capitaine. De sa voix la plus assurée, il dit " Capitaine Snow ? " Le Capitaine Snow répondit, " Oui, Tom Coon ? " Alors Tom dit " J’ai besoin de votre aide ".[...] Alors Tom Coon déballa toute son histoire, comment il avait embarqué sa belle chatte dans sa cabine, et la naissance des chatons dans son coffre à chaussures.
Tom Coon était si absorbé par son histoire qu’il remarqua à peine que le Capitaine Enoch Snow, qui baissait les yeux sur lui, était un homme si grand. Il mesurait presque six pieds et trois pouces, son visage bienveillant était strié de rides comme s’il avait été gravé par les embruns marins, et ses yeux bruns étaient comme des puits sans fond qui semblaient pénétrer les tréfonds de l’âme humaine.


Quand Tom Coon eût terminé, le Capitaine Enoch Snow étendit gentiment sa grande main sur l’épaule de Tom Coon et dit doucement, " d’accord, Tom Coon. Tu sais, dans quinze jours nous mettrons le cap sur Winter Harbor ; à Biddeford Pool, dans le Maine "[...] Il faisait partie du Massachussets, mais en 1820 le Maine devint un état. [...] C’était la première fois que le nom de " Maine " était officiellement utilisé.


Le Capitaine Snow continua, " aux abords de cette rade, il y a la ferme et les terres de Joseph Tarbox, qui est un ami. Il a une grande grange bien chaude[...] . Ils ont un fils, Jonathan, qui a à peu près ton âge. Nous ferons escale une ou deux semaines afin de reconstituer notre cargaison au magasin de Cutts, à Biddeford Pool. Je te laisserai chez la famille Tarbox pendant que nous ferons du commerce sur la côte, et je te reprendrai lorsque nous serons de retour ". Tom Coon fut si heureux qu’il faillit hurler de joie.


Alors le Capitaine Snow aida Tom Coon à transporter sa chatte et ses chatons dans le Grange des Tarbox. La mère et les chatons avaient l’air très heureux de profiter de l’espace d’une grande grange pour s’y ébattre et chasser. Tom Coon raconta toute l’histoire de l’arrivée de sa chatte dans les moindres détails à Jonathan et Molly. Ensuite, on a appelé ces chats les Chats de Coon et les Chatons Coon en souvenir de Tom. Le chaton roux et le chaton silver étaient des mâles. Jonathan les appela Tom et Tommy, et je me demande parfois si c’est pour ça que nous appelons un chat mâle un " Tom cat " de nos jours.


Enfin, mon père me dit ensuite que Tom Coon donna sa belle chatte et ses chatons à Jonathan. Pendant de nombreuses années Tom Coon revint rendre visite à la famille Tarbox, et il fut capitaine de bien des navires durant tout ce temps.


Le Capitaine Coon ramenait toujours avec lui un chaton à poil long en cadeau pour Jonathan et Molly qui s’étaient mariés et avaient eu un fils, Joseph, le grand-père de Papa. Et puis, tu sais dit Papa, " les chats Coon Tom et Tommy rendaient visite aux fermes voisines et des chatons à poil long étaient nés, ils furent appelés les Chatons Coon en souvenir de Tom Coon. Les chatons ou les chattes Coon tricolores devinrent très convoités, si bien que les fermiers échangeaient un sac de grain ou de légumes contre l’un d’entre eux. On les a donc appelés les Chatons ou les Chats " Money ". Ensuite, le temps passant, la grange qui abritait un Chat Coon tricolore paraissait porter chance au fermier, on les a donc aussi appelé les " Lucky Coon Cats "(les Chats Coons Porte-Bonheur). Cela semble toujours le cas aujourd’hui "[...].


 Pine Point, Maine - Avril 1979.


Texte original, en anglais : http://www.mcpi.org/n_origins.html

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